M@rcool's blog

Aimer sans souffrir / Comme on vit sans besoin / S'alléger l'âme / En apprivoisant la pesanteur du corps / Dissoudre sa douleur dans le temps / Diluer sa passion dans l'espace / Et pourtant s'ouvrir sans retenue / S'émouvoir sans barrières / Apprends-moi ce mystère

dimanche 29 avril 2007

Fin du Blog

Tout meurt pour renaître

Six mois pour comprendre. Oui, c’est beaucoup. Mais c’est à la mesure des événements.

Résumé : nous nous rencontrons il y a onze mois, je l’aime à la folie, elle me dit et me fait croire que mon amour est partagé, et puis m’annonce brusquement il y a sept mois que tout est fini.

Pendant six mois, je tente l’impossible. Parce que je crois encore à son amour. Je suis incapable d’imaginer qu’elle ne m’aime plus. Bien sûr, je ne demande pas qu’elle m’aime autant que je l’aime. Vingt pour cent me suffiraient. Même dix, à la vérité.

Je cherche obstinément à comprendre qui elle est, ce qu'elle a vécu, ce qu'elle vit. Je m'intéresse à sa vie, ses centres d'intérêt, sa ville, sa langue, ses bonheurs, ses souffrances.

Tout ce que j’entreprends échoue lamentablement. Tout est mal interprété, tout est mis en doute, tout est nié. Et pourtant je suis têtu. Aussi têtu qu’amoureux. Toutes les stratégies y passent. Tout ce qui est dans mes capacités. Mais elle reste dans son isolement superbe, aussi secrète, aussi distante, encore plus froide. Sa carapace est trop épaisse : elle préfère rester dans sa souffrance solitaire plutôt que de s'ouvrir à moi.

J’écris. J’écris pour elle des dizaines de poèmes que je publie sur ce blog. Poèmes qui disent ma vérité intime. Poèmes qui reflètent ce que je perçois d'elle. J’écris aussi des réflexions pseudo-philosophiques que je mets en ligne. Pour qu’elle sache l’énergie en moi, ma volonté de dialogue, ma vision de la vie. Pour qu’elle me connaisse complètement, je me mets à nu. Mes qualités, mes défauts. J'analyse ce qui s'est passé, les raisons de notre engagement du début. J'ouvre des pistes, j'essaye des chemins pour avoir accès à son coeur et la soutenir dans ses combats. Je ne renonce pas, car je sais que puisque je l’aime, rien n’est impossible, tous les obstacles peuvent être surmontés. A une condition : que mon amour trouve un écho.

Mais l'écho est absent. Pas d’amorce d’un vrai dialogue. Au contraire, elle me touche là où ça fait mal. Ce n’est pas difficile d’ailleurs, puisque je me suis livré complètement. En dernier recours, je tente moi aussi de la déstabiliser, pour qu’enfin elle se livre, elle arrête de me mentir. Tentative désespérée, vouée à l’échec dès le début. Elle commet l’irréparable. Tout est fini. J’ai enfin la certitude qu’elle ne m’aime pas, qu’elle ne m’a jamais vraiment aimé, que notre relation reposait sur une illusion de sa part.

Les mots sont impuissants, même quand ils essaient d’exprimer l’indicible. Il me restait la peinture, moyen d’expression inconnu pour moi. Alors je m’y suis mis, pour progresser, pour me reconstruire. Et voilà le résultat : vingt cinq tableaux, une exposition il y a deux mois. Le besoin de trouver la paix dans l’équilibre, dans l’harmonie, dans la rigueur.







Thérapie efficace. Le calme renaît, je me retrouve, l’apaisement revient, lentement mais sûrement. Il y a aussi les amis qui me soutiennent. Une amie particulièrement. Merci à toi, Mauve.

Je me sens vide. J’essaye aussi de l’oublier en connaissant d’autres femmes. Peine perdue, je suis effectivement vide, non réceptif à l’amour.

J’ai touché le fond pendant ma traversée du désert blanc. Avec mes amis, ma fille, la photo a été ma consolatrice. Moments de bonheur inimaginables. Bonheurs aussi intenses que fugitifs. Bonheurs que j’ai essayé de partager avec ceux et celles qui m’aiment. Parce que j’ai un besoin irrépressible de partage.

Depuis un mois, je me remplis à nouveau. Ma peinture a changé. La vie revient, la spontanéité surgit de mes traits, les couleurs se mélangent. Je renais. A une nouvelle vie sans elle. En un mois, treize tableaux sont peints. Le résultat est là, sans appel.







Nous sommes aujourd’hui le vingt neuf avril deux mille sept. Fin de l’aventure de ce blog. Sa raison d’être était principalement le maintien du dialogue avec elle. Ou plutôt le monologue.

Je sais qu’un jour ou l’autre elle lira ces lignes. Le testament de ma relation avec elle. Cela m’est égal de savoir qui est responsable de l’échec. Aucun début de jugement, je ne lui en veux pas, je ne lui en voudrai jamais. Je me suis trompé, c’est tout. Je me suis cru capable de lui faire partager mon immense bonheur de vivre, mon immense foi en la vie et l’amour. J'étais persuadé qu'elle avait besoin de trouver l'équilibre avec un compagnon, et que j'étais ce compagnon .

C’est raté, mais cela n’a aucune importance. Elle a choisi sa voie en toute connaissance de cause. Je la remercie pour toutes les magnifiques semaines que nous avons partagées.

Je n’ai aucun regret.

La réalité a été, est, et sera l’unique source de mes rêves.

Fin de ce blog.

lundi 2 avril 2007

Récit inachevé du Désert Blanc

Voir le livre du désert blanc ici



le 17 février 2007, Paris-Rome-Le Caire



Lever à trois heures quarante. Peu dormi, mais bien réveillé. Tout est prêt pour partir sur une autre planète. Le chauffeur de taxi est vietnamien, le périphérique est dégagé, la température très clémente. Le dépaysement a commencé. Je sais que tout va bouger en moi, comme les pièces d’un puzzle qui se reconstituerait par la grâce de la nouveauté. Les portes vont s’ouvrir, un air frais envahira le regard porté sur les mille petites choses qui font une journée de vie.

J’ai oublié le petit appareil photo compact dans le taxi, cela prouve que j’ai déjà la tête ailleurs, dans cet avion d’Alitalia, en train de lire « Corriere della Serra ». Oui, l’italien me chante aux oreilles, me séduit comme une Italienne m’a séduit voici neuf mois. Bien qu’elle ne soit pas là physiquement, elle m’accompagnera dans cette recherche de l’essentiel, dans cette quête du temps retrouvé, cette mise à mort de la vitesse dont elle dit que ma vie est faite.

Là je me dis que le temps est au centre du mystère, que les mots nécessaires arrivent toujours trop tard, que nous vivons un film dont la bande son est décalée de quelques secondes, minutes, heures, jours voire mois par rapport aux événements. Dire le vrai au moment juste : là réside souvent la clé du bien vivre. Trop tôt, trop tard il y a des phrases qui détruisent ; prononcées au bon moment, elles libèrent. Tout est question de tempo, ou presque. Et c’est une femme dont l’échelle de temps est à l’opposée de la mienne qui me l’a fait découvrir. Ultime preuve que la différence fait grandir.

Escale à Rome. L’Italie, la parfaite maîtrise de la désorganisation. Le retard et le transfert gérés professionnellement. Premier contact : une hôtesse au charme irrésistible. Sourires échangés, elle me demande de traduire en français : « don’t forget », et moi je réponds « n’oubliez pas, non dimenticate ». Conseil prémonitoire ? Je ne crois pas. C’est simplement un rappel pour moi de ne pas oublier qu’il y a d’autres femmes qui ne savent pas qu’elles attendent le même type d’avenir que celui que j’envisage. J’ai besoin de me croire « exceptionnel » (au sens où j’ai la sensation de faire exception), les femmes exceptionnelles sont également très nombreuses. Si, de plus, elles ont ce charmant sourire italien, que demander de plus ?

Arrivée au Caire, soleil et klaxons après avoir survolé la Calabre (golfe de Squilace). Je n’ai pas voulu voir, je n’ai rien vu. Ne pas donner de sens à ce qui n’a pas de sens ! L’arabe est partout ici, dans les inscriptions, dans les paroles, sur les visages des gens. Couleurs des souks, gens aimables et hospitaliers, misère et profusion, dénuement et richesse : j’aime tout ça, ces contrastes, cette vie qui exulte lentement.

Thé, chicha, prendre le temps de se savoir en vie, et puis céder à la tentation : acheter une montre Rollex pour moi, une montre Chanel pour ma fille. Encore le temps, je sens que tout va tourner autour du temps. Demain, lever six heures : vite, avoir le temps de dormir.


Le 18 février 2007, Le Caire-Oasis de Bahariya



Départ à sept heures – non, huit heures. Pour le désert ? non, pour les pyramides ! Deux montagnes, immenses, qui découpent l’horizon. On a l’impression d’être tout près, nous sommes encore loin. Guizeh, la ville moderne qui s’étend comme un cancer, le passé qui résiste, accroché à sa grandeur écrasante. Lutte de la mort contre la vie, lutte héroïque, inutile, mais combien belle. Un pont avec le ciel, avec ce qui est présent mais qu’on ne peut atteindre, qu’on ne peut toucher. Une émotion purement minérale, blocs de pierre de taille inhumaine, démesure de puissance. Preuve ultime de la capacité de l’homme à se surpasser. L’équivalent de la conquête de la lune, il y a quatre mille ans. L’histoire inscrite dans la pierre, mais aussi dans nos regards et nos cœurs.

Neuf heures du matin, très peu de monde pour cette septième merveille, gardée par des policiers en chameau et des guides semi-officiels. Carrioles brinquebalantes et groupes classés par nationalités : japonais, français, mais aussi italiens, oui, italiens. J’écoute un peu cette langue brillamment maîtrisée par un Egyptien, quelle joie … Une heure et demie de visite, malheureusement il faut se dépêcher, descente dans deux caveaux, silence parfait, dépouillement des décors, et puis restaurations stupides, blocs neufs jurant sur les blocs vieux, le monde s’en fout du passé, bien sûr, le présent est tellement urgent, l’avenir tellement incertain.

Papiers gras, crottes de dromadaire, veulerie touristique, et pourtant rien n’entame la majesté du sphinx. Il est au-dessus de tout, parce qu’il n’existe pas. Il ne peut pas mourir, il n’est jamais né. Et pourtant il est, solitaire, impassible, dominateur.

Ma fille est si heureuse, elle ne veut pas le montrer, mais son rire le prouve. Photos d’elle sur le chameau, photos de pierre. Des pensées pour Mauve, des pensées pour les femmes. Je suis seul, et pourtant je me sens nombreux. Comme si je voyais à travers le regard successif de chacune d’elles. Je n’ai pas à les imaginer avec moi, elles sont là, avec leur charme mystérieux. Je rêve avec elles, pour elles, en elles.

Départ pour de vrai dans le désert. Je dors et redors pendant le trajet, je suis encore dans le passé, alors que la pluie, puis le vent traversent la longue ligne droite qui nous emmène à Bahariya. Traînées de sable sur le bitume, rien n’est figé, tout bouge. Les murs se battent contre les vents sableux, l’eau triomphe du minéral, le vent naît d’une faille dans le relief. L’oasis est là, au fond du ravin, autrefois riche, maintenant à moitié délaissée. Un monde ancien, hors du monde, vaches maigres et ânes bâtés, pierres blanches, briques rouges, murs de pisé. La civilisation hésite dans ce bout du monde, avec ce professeur d’arabe qui fait barbier l’après-midi. La coupure intellectuel/manuel enfin rompue. Mais qui le sait, dans cet isolement parfait ?

J’ai mon keffieh sur la tête, prêt à partir. Mais avant, un tour dans l’oasis au soleil couchant, puis dîner, jeux, j’oublie, je suis bien, j’oublie, je suis encore mieux, je commence à oublier ce que j’oublie.

S’occuper des photos, de sauvegarder les images, de tout nettoyer, et puis d’écrire, pour toi. Mais t’es qui, toi ?


Le 21 février 2007, désert blanc



Je suis le solitaire, en haut du plus haut gour entourant le campement. J’attends que le soleil se lève, et je sais que mon attente ne sera pas vaine. Car dans le désert, si le temps ne compte pas, par contre les heures tombent, bien précises, concernant l’aube et l’aurore : six heures cinquante et dix-huit heures. Il y a l’heure où les étoiles apparaissent, après sa majesté la lune. L’heure où culmine au zénith la couronne boréale, l’instant où Vega m’enivre de sa lumière bleue du haut de la voûte céleste. Instants bénis, moments de calme parfait où mon esprit erre, divague sur mes aventures passées.

Tu avais raison, la lenteur sied bien au désert : le désert n’était pas pour toi, ce contraire du cocon dans lequel tu aimes tant te retrancher. Ici, tout est à nu, tout se montre, rien n’est faux.. Tu n’aurais pas été à ton aise avec moi, toi qui mens si bien, si profondément, si superbement. Toi qui es plus têtue que ces pierres friables qui tombent en poussière dès qu’elles sont effleurées.

Tu cherchais la perfection en moi, alors que je ne voulais que le bonheur. Le bonheur de partager mon ultime plaisir : la contemplation pure, le rêve enfant du spectacle qui naît à mes yeux. Je me repais sans fin de cet horizon à trois cent soixante degrés, de ces gours innombrables qui ponctuent le serir fait de sables et de poudre de calcaire semblable à la neige.

Ici pas d’internet, pas de virtuel : Tout est réel, du beau, en transformation, changeant sous le soleil, le vent, le froid, le chaud. J’aime ce que tu n’aimes pas, ce que tu appelles la vitesse. Oui, j’aime la vitesse du désert, cet endroit que l’on croit toujours identique et pourtant si changeant, entre la nuit et le jour, l’aube et l’aurore, le zénith et l’horizon. Couleurs si différentes, pierres si blanches, si noires, si rouges, si grises, sables aux reliefs si variés, dunes qui bougent au gré du vent.

Oui, j’aime la vitesse à laquelle se déplacent les dunes (quinze centimètres par an), j’aime le changement imperceptible et inexorable. J’aime ce calme plein de vie, avec les empreintes d’oiseaux et de fennecs, les gerboises qui rôdent, les mouches qui batifolent.

Ma mémoire accumule des images trop belles, mon appareil photo a du mal à suivre, et pourtant rien ne bouge en apparence. Juste saisir le cadrage parfait, l’instant fatidique où l’on se dit : tout est à sa place. L’objectif est le prolongement des yeux, ma manière à moi de partager mon ravissement. Je sais qu’il y en a qui aiment, el hamdou lillah !

Ma file m’appelle, c’est l’heure du petit déjeuner.


Le 22 février, désert blanc



Du haut d’un gour, une nouvelle fois, je médite sur la beauté du monde et sur la vanité de l’homme, en particulier sur la mienne.

Nos plaisirs étaient bien différents. Ce qu’elle appelait la vitesse, je la nommerais plutôt ma soif. Soif de beau, de neuf, de grand, et pour cela prêt à partir à l’aventure à chaque aube. Fuir la vie bien réglée, sans surprises, pour guetter les rayons du soleil levant trouant les nuages gris et rouges. Sentir la soif du désert entier entrer jusque dans ma tête saoulée par le vent lancinant de l’immensité multicolore. Non, ne pas rêver, juste être dans cette réalité plus belle, plus forte que n’importe quel rêve. Se moquer de l’apparence, des fringues, du petit confort quotidien pour vivre la liberté du choix, pour déguster le dessin des nuages. Connaître, non seulement l’enveloppe des choses, mais leur essence même, pour enfin toucher du doigt la vérité : rien n’est permanent, tout se transforme, comme ce paysage du désert, si fragile, si neuf, et pourtant jonché de fossiles, de roches antédiluviennes.

Le sable, à certains endroits, recouvre tout. Il uniformise, lisse, fait disparaître les pierres, les couleurs, la végétation rarissime. Le sable, notre quotidien. Et puis s’élèvent de ci de là ces fameux gours, buttes témoins du passé mais aussi du futur. Ils montrent la voie pour résister à l’oubli envahissant : s’élever, toujours s’élever. Etre dur en haut, tendre sur les côtés, pour former une pyramide recouverte de blocs joliment assemblés. Attendre. Ne rien attendre, puisque le soleil rythme les jours, donne ses repères à la nuit, apporte quotidiennement le chaud, et donc le froid.

Non, tu n’es pas faite comme moi. Tu l’as cru, tu as fait semblant de l’être. Je ne t’en veux pas. Du haut de notre butte j’ai embrassé l’immensité-plénitude de l’amour aussi extraordinaire que la renaissance du soleil à laquelle je viens de communier. L’amour est parti, notre soleil reste.


Le 25 février, désert blanc



Nuits remplies de rêves sous les étoiles du désert. Une femme m’est apparue, s’est présentée : « Pascale Copper ». Je ne sais ni d’où elle vient, ni qui elle est. Elle me sourit, m’emmène par le bras. L’avenir me dira si le désert est prémonitoire.
Mile fois, j’ai pensé à ce court poème :
L’aube, tu le sais, met une vie entière à se lever
Trop de petits soleils te tromperaient
Salves successives de l’imposture
Contrefaçons hâtives de l’enchantement

Oui, l’aube n’arrête pas de se lever quelque part dans le monde, et si, très souvent, elle révèle un spectacle hideux, quelquefois elle enchante l’âme.

Le désert comble. Au sens où il remplit de sensations en permanence : brûlure du soleil ou piqûre du vent, paysage dont on cherche la fin, répétitions de décors variés à l’infini. Le désert tue la frustration. Parce qu’il accomplit le miracle de se suffire à lui-même.

Je suis un voyeur, probablement. A la recherche du cadrage parfait, de l’harmonie au cœur du paysage. C’est un dialogue entre les choses et moi, tout simplement, une manière de faire connaissance. Je leur donne mon point de vue. Elles m’offrent leur possibilités. Un dialogue s’engage entre elles et moi. Je trie, je sélectionne, je mets en évidence. Elles imposent, limitent, ordonnent ; toute une séduction partagée.


mardi 12 décembre 2006

Cadeau (final)



Le réel lui échappe
L'imaginaire est son refuge
Ses tableaux aux couleurs désincarnées
Son intérieur, tout de verre, riche d'elle
Sa séduction, un jeu entre elle et les autres
Ses plantes, partenaires de son imaginaire
La terre, seule complice qui la rattache au monde
Le végétal, muet, soumis, sans demande, sans désir, sans souffrance
Son monde, hors du monde

Son rôle de mère
Sa place de professeur
Un jeu parfaitement maîtrisé
Une distance suffisante pour repousser toutes émotions
Le rêve, la nuit
Le virtuel, protecteur
Mode d'emploi connu
Appuyer sur On/Off
Le tour est joué

Un amour pour soi-même
Une lenteur impérative pour garder le contrôle
Surtout repousser l'intrus
Se nourrir à peine, pour survivre
Tendre vers le beau, le parfait
Nettoyer les taches
Une pureté apaisante
Froide, raide.
Une paix de cadavre.

Nul besoin, nulle attente.
Gratuité absolue de tout.
Le vide se nourrissant du vide.
Le temps s'enfuit, indésirable.
Repousser toute tentation
En l'enfouissant sous son pinceau.
Brimer son corps
Devenir pur esprit.
Pur. Esprit.

Bannir l'amour charnel
Source de dépendance, de misère.
Intrusion du matériel, de la faim, de la soif.
Sentiments envahissants, ingérables.
Péril en la demeure.
Danger de se brûler les ailes.
Se reconcentrer au plus vite
Sur l'argent à gagner.
Sur l'essentiel.

Rester sur la Voie
La Voie de la Mort dans la Vie.
La mort est vie classée, ordonnée, parachevée.
Sa décision est prise :
Renoncer.
Définitivement.
Ainsi le réel se dissoudra pour de bon.
Enfin.
Elle réussira à l'oublier.

mercredi 6 décembre 2006

Oui, je voulais



Oui, je voulais.

Je voulais peupler sa solitude
Je voulais la sortir de son monde
Et en même temps je trouvais son intérieur magnifique.
J'étais fasciné par sa vie, dure, profonde, riche.

Je voulais être son amant matin et soir
Je voulais lui apporter des preuves d'amour à longueur de journée
Et en même temps j'adorais la contempler sans rien dire
J'aimais son silence, sa concentration, son absence.

Je voulais briser ses frustrations d'artiste
Je voulais devenir en quelque sorte son Pygmalion
Et en même temps je respectais sa liberté
J'admirais son indépendance fière, proclamée.

Je voulais la comprendre de l'intérieur
Je voulais apprendre tout de sa ville, de sa langue, de ses origines
Et en même temps je m'apercevais que c'était mission impossible.
Je voyais que cela l'étoufferait.

Je voulais fusionner nos forces insensées
Je voulais nous aimer d'un amour pur
Et en même temps je savais nos imperfections
J'avais conscience de nos petitesses, de nos limitations.

Je voulais qu'elle ne soit ni ma soeur, ni ma mère ni mon épouse
Je ne voulais pas d'une vie bourgeoise avec elle
Et en même temps je pleurais aux larmes
Je me doutais que mon amour n'était pas de ce monde

En entrant dans mon amour
Elle a épousé à un moment la forme de mon être
Je me suis laissé porter par ses gestes, ses attitudes
Je n'ai pas su lui dire avec ses mots mon plus profond désir

Elle a voulu devenir
Ce qu'elle pensait que je voulais qu'elle soit
Or je voulais seulement accorder nos vouloirs
Les rendre compatibles pour toujours

Je suis un homme
Un autre homme
Elle est une femme
Une autre femme

Cet autre
Qui n'est pas nous-mêmes
Qui nous angoisse
Qui nous manque

Qui nous nourrit
Qui nous complète
Qui nous détruit
Qui nous achève

Oui, je voulais.

mardi 5 décembre 2006

Quelquefois je me dis


Quelquefois je me dis :
Elle s'est bâti une image d'elle
Une déesse antique
La beauté de Baudelaire

Quelquefois je me dis :
Elle a voulu être cette image
Parce qu'elle a cru
Que je n'aimais que cette image

Quelquefois je me dis :
Elle n'y est pas arrivée
Elle a donc pensé
Qu'un jour je l'abandonnerais

Quelquefois je me dis :
Elle a pris les devants
En m'abandonnant
Sur le bord du chemin de l'amour

Quelquefois je me dis :
Arrête de penser cela
Inutile de te faire mal
Ta souffrance te suffit

Quelquefois je me dis :
Tu es bien orgueilleux
De ne pas assumer tes fautes
Ta douleur t'aveugle

Quelquefois je me dis :
Tout cela n'a pas d'importance
Il faut être deux
Elle a choisi

Quelquefois je me dis :
Mais quel gâchis tout ça
Tout est si simple
Si l'on tue l'amour propre

Quelquefois je me dis :
Elle n'aimait que mon image
Elle ne m'aimait pas
L'image n'est pas éternelle

Quelquefois je me dis :
Qui donc est responsable
De l'image que je donne ?
Celle qui la reçoit ou bien moi ?

Quelquefois je me dis :
Elle ne m'aimait pas
Sinon elle m'aurait vu
Au-delà de mon image

Quelquefois je me dis :
Elle ne m'aimait pas
Parce qu'elle m'a vu
Au-delà de mon image

Quelquefois je me dis :
Je l'aimais à la folie
Aussi bien pour elle
Que pour son image

Quelquefois je me dis :
Ce n'était que son amour
Que j'aimais à la folie
Maintenant il n'est plus

Quelquefois je me dis :
Je l'aimais
Je ne l'aime plus
Je l'aimerai

Quelquefois je me dis :
Je garde le plus beau
Son amour
Mon amour

Mais toujours je lui dis :
Merci
Merci
Merci

vendredi 1 décembre 2006

Accepter pour ignorer

Un principe de vie (presque) comme un autre

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La déesse de l'attente



Dieu est unique, inatteignable
On ne peut le connaître que par ses représentations

Je suis tombé amoureux de l'une de ses formes, Nausicaa
La déesse de l'attente

Celle qui rend fou par son silence
En faisant monter le désir

Celle qui s'absente
Pour provoquer le manque

Celle qui fascine par le rouge de ses lèvres
Et le blanc de son coeur

Celle qui attire dans la tempête
Par son immobilité parfaite

Celle qui ignore la souffrance
En niant le temps qui s'écoule et l'urgence à s'aimer

Celle qui enflamme la vie
Par des serments éternels bientôt oubliés

Nausicaa descend sur terre tous les deux ans
Elle y prend forme humaine

Elle se ressource
En faisant l'amour avec un mortel

Elle m'a pris mon énergie
Puis est remontée

J'ai aimé follement Nausicaa
Je ne vénère plus la déesse

Je n'ai pas eu de mal à la tuer
Elle n'est pas humaine

Mais son avatar reste sur terre
La femme dans laquelle Nausicaa prend corps

La femme qui souffre
Parce que les hommes ne l'ont pas vu derrière Nausicaa

La femme qui a peur
Parce qu'elle vieillit

La femme qui n'est pas parfaite
Avec ses mensonges, son ignorance

Elle doit à son tour tuer Nausicaa
Si elle veut recouvrer sa liberté

Mais le veut-elle vraiment ?
Sa prison est si belle !

Juste ton silence



Ecrire pour combler ton départ
Jeter au fond du précipice l’amer de la nuit
Se débarrasser des scories des jours inachevés
Evacuer le remugle des remords enfouis
Puis creuser dans la terre arable un cube parfait
Y déposer délicatement l’unique orchidée de ton cœur
Anéantir le soupçon d’une pensée
Ne plus savoir ton nom
Juste ton silence

mardi 28 novembre 2006

Ce midi j'ai tué mon amour



Ce midi j'ai tué mon amour
Pour elle j'ai creusé des tranchées au fin fond de mon ignorance
Pour elle je suis monté aux branches d'arbres imaginés
Pour elle je me suis rabaissé plus bas que ses chevilles
Pour elle j'ai fait maladroitement tout ce que j'ai pu, et même plus
Pour elle je n'ai plus su quoi faire
Alors je l'ai sommée de choisir
Entre un crime de lèse amour propre
Et un crime de lèse amour d'amour

Ce midi j'ai tué mon amour
Mon sexe était trop dur pour la délicatesse de son sexe
Ma volonté était trop impérieuse pour le rempart de ses défenses
Mon amour était trop immense pour la largeur de sa croupe
Mes mots étaient trop crus pour la chasteté de ses oreilles
Ma poésie était trop tendre pour la solitude de son coeur
Mon respect était trop incongru pour l'histoire de son vécu
La décision s'imposait
L'ultimatum a expiré cette nuit

Ce midi j'ai tué mon amour
Bien sûr je l'ai fait proprement
Je ne suis pas une bête
Je ne voulais pas qu'elle souffre
Ni que je souffre à la vue du carnage
Elle se refusait à vivre dans mon coeur
Elle ne voulait pas partager son trésor avec moi
J'ai exaucé son voeu, c'est tout
C'est elle qui a décidé

Ce midi j'ai tué mon amour
J'ai tranché le lien d'un coup sec
Pas de preuves d'amour
Alors pas d'amour
"Tout est si simple avec toi" me disait-elle
Oui, tout est simple en effet
Une lame aiguisée suffit
Un éclair de volonté
Et tu n'es plus

Ce midi j'ai tué mon amour
Le sang n'a pas coulé sur ton corps
Tu es aussi pure qu'au premier instant
Une sublime madone de séduction
Que j'ai arrosé de ma vie
Que j'ai baigné de mes larmes
Je te garde intacte, secrète, immaculée
Tu es devenue une abstraction pure
J'obéis ainsi à ta volonté

Ce midi j'ai tué mon amour
Tu n'es plus maintenant qu'un concept
Une déesse désincarnée
Une preuve oubliée de l'existence d'un autre monde
T'effacer m'est inutile
Tu es déjà dissoute dans mon espace-temps
La rose avait encore un nom
Toi tu n'as plus de visage
Je ne peux plus te perdre

dimanche 26 novembre 2006

Les arbres peignent les nuages dans l'étang



Elle est la séduction pure
Dans ses tableaux
Dans son corps
Dans sa vie
La séduction pure
Son refuge bienfaiteur
Son réconfort à l'angoisse
Sa distance protectrice
Son lien à l'autre

Pour l'homme ordinaire une montagne est une montagne

Il est tombé amoureux de sa séduction pure
De ses tableaux
De son corps
De sa vie
Il a voulu l'emmener au-delà
Transformer sa séduction en bonheur
Au prix de l'abandon
Du renoncement
De la souillure

Il a foi en elle comme en la perfection
Il lui demande de le suivre dans le monde
Elle a peur de se salir
Peur de n'être plus elle
C'est vrai
Elle sera changée quand elle vivra
L'impermanence des choses
La futilité de la séduction
L'inconsistance de la vie

Pour le moine une montagne n'est plus une montagne

Elle verra à nouveau clair en elle
Les nouveaux repères seront là
Plus de ciel
Plus de terre
Rien que le vide
Le vide débordant de paix
A ses côtés
Ils sont si près de l'éveil
Trois lettres les en séparent

Pour le sage une montagne est une montagne

Il sait
Elle sait
Il sait qu'elle sait
Elle sait qu'il sait
Il sait qu'elle sait qu'il sait
Elle sait qu'il sait qu'elle sait
Il sait qu'elle sait qu'il sait qu'elle sait
Elle sait qu'il sait qu'elle sait qu'il sait
Les arbres peignent les nuages dans l'étang

samedi 25 novembre 2006

Nausicaa

Nausicaa ne grandira jamais

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jeudi 23 novembre 2006

Mots inutiles



J'entre dans ta solitude
Je m'en empare
Avec l'élan de ton amour
Qui m'a frappé au coeur
Je m'en imprègne
Avec le fil de ta séduction
Qui te relie au monde
Je revis avec toi les jours
Qui m'ont empli d'indicible

Je vis ta solitude
Je la peuple
De ta liberté irréductible
Je la nourris
De tes frustrations avouées
Je la complète
de mes mots maladroits
Je sens maintenant ta présence
Indépendante de moi

Je suis ta solitude
Avec l'angoisse du mois à terminer
Avec le poids de tes engagements
Avec la répétition rassurante de la routine des jours
Avec la distance qui anesthésie la souffrance
Avec l'apaisement du repli sur soi
Avec tes doutes sur la profondeur de mon amour
Je ne sais plus tellement je te vis
Lequel de nous deux est le plus seul

mercredi 22 novembre 2006

Je t'en prie



Ecoute mon secret
Femme que j'aime
Quand tu donnes ton bien le plus précieux
Quand tu donnes ta liberté
A l'homme qui t'aime
Celui-ci te le rend au centuple
Je te donne ma liberté
Sers-toi
Je t'en prie

Ecoute mon bonheur
Femme que j'aime
Quand tu offres ton bien le plus rare
Quand tu offres ton temps
A l'homme qui t'aime
Celui-ci te le rend au centuple
Je t'offre mon temps
Sers-toi
Je t'en prie

Ecoute mon honneur
Femme que j'aime
Quand tu fermes ton bien le plus beau
Quand tu fermes ton coeur
A l'homme qui t'aime
Celui-ci ne t'en voudra jamais
Je t'ouvre mon coeur
Sers-toi
Je t'en prie

La Voie du Milieu



La voie du milieu
Entre la voie du vide et la voie du plein
Entre le juste silence et l'accord parfait
Le large chemin entre creux et bosses
Embrassant rires et pleurs
L'acceptation de l'envers de l'endroit
L'attente du jour aiguisée chaque nuit
L'attente de la nuit comblée chaque jour
Je t'invite sur ma route

La voie du milieu
Entre le confort de ne rien savoir
Et la certitude d'avoir toujours raison
Entre la quête de l'éphémère
Et la recherche de la permanence
Le petit pont de pierres
Enjambant nos forces et nos faiblesses
L'humilité de l'humilité
Je t'invite sur ma route

La voie du milieu
Entre le plaisir instantané du corps
Et le plaisir différé de l'esprit
Entre l'élan gratifiant du don
Et la satisfaction partagée du cadeau
La voie de l'agitation sereine
La voie de la folie sage
Car "le rêve naît de la réalité"
Je t'invite sur ma route

Peur

Ou la peur de l'amour

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Bis




Christian Bobin a écrit ( in Le Christ aux coquelicots )
Tu es dans mon coeur
même quand je l'ignore,
comme un rosier qui s'enflamme
en l'absence du jardinier
Au-delà de l'hiver et de la mort, le printemps est déjà dans l'image

Résonance




Christian Bobin a écrit ( in Le Christ aux coquelicots )
Jamais ne sècheront les larmes
que nous n'aurons pas su pleurer
sur le désastre de ces jours
que nous voulions beaux,
mais pourquoi désespérer ?
En résonance avec Les paysages du Morvan d'Automne

mardi 21 novembre 2006

Le désert blanc : préparation

Préparation du périple

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lundi 20 novembre 2006

La Foudre

Quelques mots sur la souffrance ...

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Trop



Trop aimer
Trop exiger
Trop faire
Trop demander
Trop donner
Trop comprendre
Trop vouloir
Trop accepter
Trop

Trop de vie
Trop d'attente
Trop de joie
Trop d'imprévu
Trop de bonheur
Trop d'impatience
Trop de force
Trop d'écoute
Trop

Trop haut
Trop grand
Trop lourd
Trop dur
Trop fort
Trop vrai
Trop vite
Trop trop
Trop

Nous



Tu me donnes l'intensité de l'inachevé
Tu me donnes la petitesse du renoncement
Tu me donnes l'insipidité du souvenir
Tu me donnes la saveur de l'échec
Tu me donnes l'humilité de la survie
Tu me donnes l'orgueil de l'acceptation
Tu me donnes la vanité du repos
Tu me donnes la sagesse du combat
Tu nous donnes

Tu m'apprends la futilité de l'intellect
Tu m'apprends la rigueur de l'émotion
Tu m'apprends la légèreté de l'urgence
Tu m'apprends la profondeur de la routine
Tu m'apprends la beauté du mesquin
Tu m'apprends la laideur du parfait
Tu m'apprends la vacuité du présent
Tu m'apprends la pesanteur du vide
Tu nous apprends

Tu es
La seule
La simple
L'unique
Tu es
La nombreuse
La complexe
La multiple
Nous sommes

Ambition



Aujourd'hui
Elle s'aime trop
Il ne s'aime pas assez
Il l'aime trop
Elle ne l'aime pas assez

Demain
Ils s'aiment juste ce qu'il faut

Aujourd'hui vingt mots
Demain seulement huit

Accepte



Ne cherche plus les mots
Ceux-ci claquent dans tes doigts
Comme neige pleure au soleil
Oublie le mystère
Celui-ci détruit tes rêves
Comme feu dévore le bois
Contemple la simple vérité
Celle-ci embellit ton coeur
Comme eau purifie le corps

Accepte l'hiver après l'automne
Parce que tu sais que le printemps toujours reviendra
Accepte le calme après la tempête
Parce que tu sais que l'amour de nouveau s'épanouira
Accepte l'aube après la nuit
Parce que tu sais que ta vie enfin s'illuminera
Accepte une chanson après le silence
Parce que tu sais que ma musique t'apaisera
Accepte-moi

Favola Breve (Courte Fable)



Auteur : Casanegra
Interprète : Emma Shapplin

"Son io di llui
Benché la vita vergogne se de mi
Or veggio
In tempo
Ch'i' sono
Ch'i' sono
Son io di llui ...

Ben ti prego
Ben ti prego
Spirto van che piangendo vai
Spirto van che cantando sai
Scombra da me 'l pensier tan instabil
Che sol da llui son
Che sol da llui fu
Che sol di llui vivo

In quel parte del ciel gregge sospiri miei ?
In quel parte del ciel ?
Fuggir, vorrei !

Son io di llui
Pace non trovo, Morte ria di me
Né pur sonno
Mi colmo
Fiacco
Fiacco
Son io di llui ...

In quel parte del ciel gregge sospiri miei ?
In quel parte del ciel ?
Fuggir, vorrei !"

Son io di llei

vendredi 17 novembre 2006

Faire semblant



Réel irréel
Cri silencieux
Vide débordant
Lumière obscure
Calme frénétique
Questions sans mots
Réponses sans questions
Tout va bien
Je fais semblant

Le prix à payer
Manque sur la facture
Je m'en fous
Je rembourserai en nature
Ce qu'elle m'a donné
Réserve inépuisable
L'écriture est mon sursis
Tout ira bien
Je ferai semblant

Pas de regret
Je sais le début
Je sais la fin
Pas de différence
Juste survivre
Au superflu
Juste savoir
Tout allait si bien
Je n'ai pas fait semblant

mercredi 15 novembre 2006

Brève

Histoire très très brève

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dimanche 12 novembre 2006

Le trésor



En toi le plus beau trésor
Tu ne m'en as pas jugé digne
Tant pis pour moi
Mais je l'ai vu, je le vois, je le verrai
Moi seul connais son immense valeur
Toi seule sais à quel point je sais
Notre lien, intact
Ma vie, futile
Puisque ma quête est achevée

Pour pallier ton absence
Dans trois mois, j'irai dans le désert blanc d'Egypte
A ta rencontre
Je m'enivrerai de l'harmonie consolatrice des paysages de pierres
J'apprendrai la résignation muette des cailloux brûlés de soleil
A moins que le miracle ne se produise
A moins que ta porte d'ici là me soit à nouveau ouverte
Alors j'abandonnerai le désert d'Egypte pour ton désert
Car ton désert, c'est ton trésor.

samedi 11 novembre 2006

Lettre à une chrysalide

Chrysalide
Sois sans crainte
Deviens papillon
Prends ton envol
Au lieu de t'éloigner de la terre
Tu t'en rapprocheras
Au lieu de rompre les liens
Tu les renforceras
Tu vivras ce que j'ai vécu

Il te suffit de presque rien
Il te suffit de ne pas renoncer à toi-même
Il te suffit d'être forte pour être sans porte
Telle une maison ouverte que les voleurs respectent
Ta sensibilité renaîtra, se maîtrisera, s'épanouira
Ta richesse enfouie sera enfin exposée au grand jour
Tes talents ne seront plus cachés, gâchés
Tu seras fière, accomplie, sans haine
Je ne doute pas de toi

Ensuite tu te reposeras, tranquille
La tête vide, le coeur plein
Tu auras connu le magnifique et périlleux envers des choses
Tu pourras te satisfaire de la nudité de l'endroit
Ton destin sera accompli
Ta vie sera en ordre
Je ne t'apprends rien, bien sûr
Je me trompe, probablement
Mais quelle importance ?

Ecoute


Ecoute, écoute
Au-delà des pulsations de ton coeur
Entends-tu la note imperceptible à l'horizon
Un lointain écho du big-bang
Saisis-là, empare-toi d'elle
Laisse-la te submerger
Elle te guidera
T'ouvrira la porte
D'un paradis tout proche

La différence

Peut-être suis-je myope ...

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jeudi 9 novembre 2006

"Stat rosa pristina nomine , Nomina nuda tenemus"



"Même si la rose disparaît, je conserverai d'elle un pur nom"
(Bernard de Morlaix, De contemptu mundi, XIIe siècle, justifiant
le titre du roman d'Umberto Eco le nom de la rose)


Que tu sois un coeur ou bien de la poussière
Crie ton espoir d'amour plus loin que l'univers
Vis l'instant éternel et goûte l'éphémère
Car ce monde est si beau même s'il est pervers

Caresse les hommes aussi bien que les choses
Adore le laid aussi bien que le beau
Sculpte de longs poèmes ou bien fais de la prose
Ose enfin l'inconnu, découvre le nouveau

Vénère les plaisirs infinis de la chair
Sois donc l'amoureuse de la tendre matière
N'attends rien de la vie qu'un rayon de lumière

Qui se transformera en fulgurant éclair
Alors plus jamais rien n'aura de l'importance
Que la rose sauvage et sa douce fragrance

(M@rcool, écrit le 8/9/99)

mardi 7 novembre 2006

Derrière le mur

Derrière le mur je t’ai vu spectacle insensé
Ta douleur zébrée de mes cris
Ton refuge abandonné dans mes mains
J’ai susurré : que crains-tu donc, ma sœur ?
Que ta rose ne sache plus s’arrêter de mentir ?
Que tes nuits succombent à tes soifs ?
N’aie pas peur : la bêche a creusé le sillon du manque
Le froid cristallise la buée de mes soupirs
Tu ne sauras jamais jusqu’où je pourrai te rêver

Et puis soudain j’ai ri de ta méfiance
Les petits bonheurs semés
Ne savent pas mourir
Le soleil est trop grand pour trahir
La chaleur qu’il ma dérobé cet été
Il me chantera tout l'hiver
Que le destin est plus qu’un mot de nos bouches
Il dessine une paire de pioches
Pour abattre la prison de tes murs

dimanche 5 novembre 2006

Putain d'automne

La nature chante le silence
L'horizon dilate la pensée
Le reflet décuple le rêve
Le soleil culbute la symétrie
Le noir éteint les flamboiements
La vision zèbre l'étang
Impossible de tout garder pour soi
Impensable d'en décrire la grandiose vacuité
Trop de beauté pour ce monde aveugle

samedi 4 novembre 2006

Mise en ligne du Blog

Ca y est !

Après quelques jours de programmation, de tâtonnements avec les .css, les <?php et autres, j'ai finir par réussir à planter quelques balises et à adapter le modèle par défaut de Dotclear version 1.2.6 à mon mauvais goût grâce aux plugins dispos sur le forum.
Pour le tester, j'ai recopié quelques billets de mon ancien blog et j'ai ajouté deux titres de Brisa Roché que jaime bien.
Dans les semaines à venir, je rajouterai des rubriques au fur et à mesure de mon inspiration et je complèterai celles existantes.

A bientôt !

mercredi 1 novembre 2006

L'orchestre

musique

L'orchestre.

Un condensé de vie. Un paradigme de bonheur.
La voix, le son qui se fond, se confond.
Avec les autres voix, les autres sons.
Une absorption, un détachement de volonté.
Une écoute des autres, indispensable.
Une fusion, gratifiante.
Une concentration, un oubli de soi.
Fascination de l'orchestre.

Une vie à l'image de l'orchestre.
Une partition à jouer, tout en nuances.
Une part d'improvisation, pour la découverte.
Un partage de joie, d'émotions avec l'autre.
Un peu de bonheur, quand le miracle se produit.
Vivre tout cela, modestement, dans des orchestres amateurs.
Apprendre à être humble, à sa place.
Comme dans la vraie vie ?

Participer à de nombreux concerts.
Jouer des partitions diverses, tristes ou gaies.
Certaines parfaites, d'autres incertaines.
Interpréter un duo d'amour inachevé.
D'abord un allegro con fuoco : la joie rayonnante.
Ensuite, un largo désespéré : le refus, le repli.
Maintenant le silence.
Un point d'orgue.

Le silence est aussi de la musique.

Un silence assourdissant


bergerac

Il aime le silence de cette femme.
Derrière sa porte blindée, il lui murmure leur vie.
Il sait qu'elle n'entend pas
L'épaisseur d'acier est trop grande.
Il comprend que c'est inutile.
Les mots s'éparpillent dans le vide.
Mais il continue à lui parler chaue jour, chaque minute.
Un dialogue avec son mutisme.
Une trace d'amour qui est là, évidente.
De l'amour qui n'attend rien.
C'est ce qu'elle veut.
Alors il lui donne, sans retour.
Des pensées légères, des émotions lourdes.
Il se vide, sereinement, petit à petit.
Elle ne lui parle pas, elle ne lui répond pas.
De cette manière elle est nulle part et partout.
Dans chaque recoin de sa vie qu'il explore.
Dans chaque mouvement qu'il accomplit.
Il y a maintenant en lui
Un peu de la droiture de sa démarche.
Un peu de la précsion de ses gestes.
Un peu de la volonté de son regard.

Un silence assourdissant.

Treize petits poèmes

L'amour ne demande rien (13/09/06 1h18)

jet

Accepter l'attente
Se nourrir de son manque
Te laisser entrer en moi, lentement, sans fin
Fondre nos visions de l'avenir
Dessiner ensemble le pont reliant nos vies
Construire ce pont arche après arche
Ne rien demander
Vivre notre amour
Totalement
(M@rcool)

Tes mots ont la saveur des rêves les plus doux, et le plus beau est notre réalité,
c'est le fait que nous nous sommes trouvés, et qu'il nous reste tant et tant à découvrir.
(Nausicaa)



Amour et souffrance (13/09/06 2h05)

jet

Aimer sans souffrir
Comme on vit sans besoin
S'alléger l'âme
En apprivoisant la pesanteur de son corps
Dissoudre sa douleur dans le temps
Diluer sa passion dans l'espace
Et pourtant s'ouvrir sans retenue
S'émouvoir sans barrières
Apprends-moi ce mystère
(M@rcool)

Ta personnalité, ton attente, ton désir, ton amour.
Les callas que j'aime, tout comme l'amour que tu portes, que tu me donnes.
(Reticello)



Amour et souffrance (suite) (13/09/06 23h37)

jet

Aimer sans souffrir
Un noble but
Je t'aime j'entre en toi je t'aime
Vivre de l'évidence de notre amour
En dehors de tout projet
Parce que la certitude nous suffit
Parce que le doute n'existe pas
Je t'aime je suis en toi je t'aime
Aide-moi


Impudeur (13/09/06 23h32)

jet

Compter sur l'autre
Un chemin de confiance absolue
Une nourriture si forte si douce
Murmurer au-delà de sa solitude
"J'ai besoin de toi"
Abolir la dernière protection
Mon amour est toute impudeur
Regarde en moi
Prends


Cette envie (13/09/06 23h35)

jet

Cette envie quelquefois de te prendre
De te donner ma rage de vivre
De percer ton âme jusqu'à ton plus intime
Pour mieux enfanter notre couple
Un voyage au bout de nos corps-esprits
Un oubli de nos limites
Un partage d'absolu
Un cri d'amour
Nous


Tout trop (13/09/06 23h38)

jet

Tout
Tu es tout
Tu n'es jamais trop
Je n'en ai jamais assez
Car jamais je n'en ai assez
Je suis toujours trop
Je suis trop
Trop
Et si on mangeait un morceau ?


Attentif (15/09/06 0h30)

jet

Attentif à toi
Aux volutes de tes mains
Aux couleurs de ta voix
Aux rythmes de ton corps
Aux vibrations de tes lèvres
A la fluidité de tes pas
A la musique de ton souffle
A l'attention de ton être
Attentif


Etre et devenir (15/09/06 0h35)

jet

L'amour est
L'amour devient
Une brise caressant le saule pleureur
Un minuscule nuage perdu dans le grand ciel bleu
Une goutte de rosée sur une fleur d'arum
Un campagnol sortant le museau de son trou
Un rouge-gorge juché sur le manche d'une pioche
Une pluie tellement fine qu'on ne sait pas s'il pleut
L'amour est


Belle impuissance (15/09/06 0h41)

jet

Sensibilité
Droiture
Intelligence
Volonté
Beauté
Lucidité
Equilibre
Force
Mots impuissants à résumer notre amour


Prima di te ... (20/09/06 2h34)

jet

Avant toi mes rêves n'avaient pas de nom
Maintenant ils sont là
Ces enfants de la réalité
Si beaux, si grands, si durs
Je caresse le ciel et je me dissous dans la mer
J'embrasse le feu et je mords la terre
La souffrance m'assourdit
Murmure moi seulement une parole
Que j'entende à nouveau le son de ton coeur
(M@rcool)

Tu sei venuto, io ti ho amato
nella mia vita solitaria
una nuova luce tu sei diventato
(Reticello)

Ta main sur mon épaule, solide, virile, rassurante.
Parfois l'étreinte se fait force, prison. Parfois sûre. Tendre souvent.
(Kyakushin)


Devant moi (20/09/06 19h34)

toi

Tu marches devant moi
Ton dos de solitude
Tes jambes de fermeté
Tes reins de femme
Tes cheveux de vent
Ta démarche de reine
Je vis l'instant où tu te retourneras
L'instant où ta bouche me dira oui
Le temps s'est arrêté


Mes mots (20/09/06 19h59)

toi

Mes mots rayonnent dans ton coeur
Mes mains tiennent captive ton âme
Je t'abreuve et je t'assoiffe
Je crée l'espoir et je t'enferme
Tu me réponds et tu fais silence
Tu me caresses et tu me fuis
Je brise ta vie de solitude
C'est aussi
Parce que je t'aime


Regarde (23/09/06 12h13)

automne

Je suis nu
Mes tripes étalées sur le sol
Ton boulet d'amour m'a éventré
J'apprivoise ce calme de la mort
Regarde mes yeux vides
Et tu liras
L'acceptation lente de la souffrance
Le confort stupide de la solitude
L'urgence paisible de l'amour

Un mauvais rêve

Ou l'attente d'une autre vie ... (Posté le 25/10/2006 à 01:23)

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Le cavalier du désert

Quand l'amour n'y peut rien ... (Posté le 23/10/2006 à 23:59)

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L'insupportable souffrance du mensonge

Ou bien la face cachée de l'insoutenable légèreté de l'être ... (Posté le 22/10/2006 à 18:28)

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Dire oui

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La clé du mystère ? (Posté le 10/10/2006 à 23:57)

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Histoire d'un couple

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